J’ai la chance de faire partie des 25 blogueurs ambassadeurs de Courrier International, chaque mois j’interviendrai deux fois sur ce blog pour mettre en avant et parfois livrer mon ressenti sur un ou plusieurs articles de l’hebdomadaire ayant retenu mon attention.

Des œillères pour les internautes iraniens.
L’Iran n’est pas vraiment un pays connu pour la liberté d’expression, notamment politique et religieuse. En effet, l’autorité islamique de Téhéran a pour habitude de bloquer l’accès à de nombreux site allant contre les autorités et « journalistes et blogueurs dissidents de tous bords – ethniques, politiques et religieux – sont jetés en prison, voire exécutés, pour avoir exprimé leurs opinions sur la Toile. »
Le président Ahmadinejad a mis en place une nouvelle unité des Gardiens de la révolution : « ceux-ci sont essentiellement chargés de poursuivre en justice les blogueurs dissidents, prétendument coupables d’“atteinte à la sécurité nationaleâ€. » Des blogueurs dénoncés dans une emission à la télévision nationale.
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Parralelement, l’Etat controle des fournisseurs d’accès, lance des campagnes et des services gouvernementaux en ligne pour une auto-censure des plus démocratiques.
Et pourtant…
Je découvre dans un article de OpenDemocracy que parrallement au maintien des blocages de site Web, Facebook a été ouvert au public alors que l’Iran est en pleine période electorale. Dans ce contexte de censure, il n’est pas surprenant de voir les jeunes se précipiter sur le réseau social pour y créer des groupes et autres forums pour communiquer, nottament contre le pouvoir en place. Les féministes et les étudiants sont très actifs depuis février et organisent des meetings politiques sur la plateforme mais egalement via Youtube ou Twitter.
“Je suis sûr de trouver 1 million de personnes qui n’aiment pas Mahmoud Ahmadinejadâ€Â est le groupe anti-Ahmadinejad le plus visité et compte de nombreux membres en Iran.
Plusieurs hypothèses (souvent des thèses de complots) pourraient expliquer cette récente volonté d’ouverture mais selon les journalistes Babak Rahimi et Eylam Gheytanchi, la plus probable serait que l’Etat renforce sa légitimité en débloquant Facebook : « il affiche sa capacité à libéraliser (un peu) la société. En concédant quelques libertés limitées, le régime espère également faire reconnaître sa nature “progressisteâ€. Il mène une sorte de “double politique†consistant à instaurer un système complexe de restrictions et d’ouvertures, dans le but d’étendre l’autorité de l’Etat dans la sphère publique. «
De la liberté d’expression malgré tout controlée…Â Le candidat réformiste Moussavi vient de voir sa page Facebook censurée pendant deux jours et des réformistes de premier plan ont du mal à rallier en ligne les opposants au pouvoir répressif en place.
On ne sera pas surpris de voir le religieux réformateur Mohammad Ali Abtahi, ancien conseiller du président Khatami qui anime l’un des blogs politiques les plus populaires d’Iran, dénoncer vivement la censure sur le réseau social.
Quelques heures après la publication de ce billet, une révolution a éclaté en Iran, suivre la protestation, les arrestations, la censure en Iran…

