Je suis pour l’euthanasie

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Publié le 22 mar 2008 dans Bonne humeur (ou non)

Je suis partagé entre colère, mal-être et indignation depuis quelques jours… J’ai été touché par le courage d’une femme qui pourtant au plus mal, très affaiblie et défigurée par la maladie a fait le choix de montrer sa misère au yeux des français. Rien de reluisant à implorer le droit à l’euthanasie…

Je ne sais pas si vous avez vu ce reportage mais il m’a mis mal à l’aise… Je suis aujourd’hui d’autant plus mal à l’aise que cette femme est morte quelques jours après sa diffusion sans la dignité que n’importe quel être doté de plus de deux neurones lui aurait accordé.

Pire Encore ! Voilà que la chancellerie impose via le parquet de Dijon une autopsie dont les résultats ont évidement exclu la mort naturelle… Et pour couronner le tout des analyses toxicologiques qui prendront plusieurs semaines ont été ordonnées afin de déterminer s’il s’agit d’un suicide aidé ou non…

Je suis atterré par la connerie des pouvoirs en place… Plutôt que de permettre une mort digne à cette femme (et à d’autres cas qu’on ne médiatise pas… Il y a heureusement des médecins qui ont le courage de passer le pas sous le manteau) et lui éviter une mort clandestine, pénible et douloureuse pour elle et ses proches, la loi s’acharne même après un décès dont beaucoup auraient préféré ignorer l’origine entraînant cela va de soit un acharnement médiatique. J’essaie de me mettre à la place des proches ce qui ne fait qu’augmenter mon mépris pour la loi et ceux qui la mettent en application.

Si cette femme avait été ma mère ou un de mes proches, je l’aurai très probablement aidé à mourir… Impossible d’en avoir la certitude mais c’est très probablement ce que ma conscience me dicterait. Comment un pays comme la France peut il aujourd’hui s’acharner, traquer et condamner ceux qui sont pour la dignité de la vie ?

Ce billet est mal écrit et est très loin de la forme que je voulais lui donner… J’ai pourtant eu beaucoup de mal à le rédiger.
Je suis incontestablement plus fort pour écrire des conneries mais je voulais saluer ici le courage d’une femme qui s’est visiblement « humiliée » devant des millions de français dans l’espoir d’améliorer le sort de beaucoup d’autres qui comme elle connaissent des fins longues et tragiques.

J’encourage mes camarades blogueurs à lancer une chaine « Je suis pour l’euthanasie ». Ce serait dommage que les mobilisations n’arrivent que pour des conneries.
Idée stupide cette chaîne mais elle traduit l’idée que je regrette que la blogosphère ne se mobilise que pour des trucs futiles…

Je n’ai volontairement cité aucun nom dans ce billet… Je crois que ce nom a déjà assez été cité.


8 Comments

  1. Je te suis françois ;)

  2. Je te suis sur les remarques de courage, et sur le fait que ce drame a posé le débat.
    Mais dire « je suis pour », ça me fait peur… car qui décide qu’on peut « me » tuer ? Et si je suis vieux, que je délire, mais qu’en vrai je veux encore vivre ? Et si mes enfants veulent me tuer plus vite et m’inventent des maladies imaginaires ?
    ça me fait peur d’ouvrir cette possibilité à tuer.

    Et en même temps, souffrir, ça n’est pas plus reluisant.
    On a déjà une loi qui autorise le non-acharnement thérapeutique, c’est déjà un premier pas.

  3. @Jyaire : Le titre est effectivement un peu « choc » et c’est voulu… Il est évident qu’on ne doit procéder à l’euthanasie que dans des cas ultra précis mais infliger la mort dans la clandestinité à des gens qui ne demandent que la dignité m’afflige…

  4. Je suis d’accord avec toi mais n’oublie pas que c’est une des premières cancéreuses que l’on voit à la télé. Parce que tout ceux qui ont un cancer nasal on les yeux décalés sur le côté etc etc… (même déformation du visage).

    Alors il est simple, c’est soit un légalise l’euthanasie un peu comme au pays-bas (avec bien entendu suivit psychologique avant), soit on est obligé de lui refuser l’euthanasie.
    Alors moi je le dis tout de suite je suis pro-euthanasie (je sais ça se dit pas bien, bien), mais toi c’est que la première déformation que tu vois, mais si on lui offre l’euthanasie il y a d’autres personnes dans le même cas donc ce ne sera pas forcément un cas isolé ce qui conduira fatalement à la légalisation de l’euthanasie. Et je crois que le gouvernement n’a pas très envie…

  5. @aDr- : Ce n’est pas la première fois en France (et en Europe d’ailleurs) que des cas dans ce genre sont médiatisés… L’euthanasie est elle pour autan acceptée ? Ceci étant, d’après ce que je sais certaines lois vont dans le sens d’une quasi-tolérance du « laisser mourrir » mais ce n’est pas encore ça.

    Je crois également que légaliser l’euthanasie n’est pas franchement tendance au gouvernement… Il y a pourtant des pays où ça fonctionne très bien.

  6. Et d’autres ou ça fonctionne moins bien…

  7. L’ultime délivrance.

    Notre belle France est une République
    Qui se veut par dessus tout libre et laïque .
    Nous avons le droit de disposer de notre vie ,
    En respectant évidemment celle d’autrui .
    Mais quand un semblant de vie n’est que souffrance ,
    Sachons tolérer le choix de l’ultime délivrance .
    De l’instant de notre mort nous disposons aussi ,
    N’en déplaise à tous les rabâcheurs de litanies.

  8. Eric Folot

    OUI à l’aide au suicide, mais NON à l’euthanasie !

    Au sujet de la différence entre l’euthanasie et l’aide au suicide, il faut distinguer entre les arguments juridiques, éthiques et religieux. On ne peut pas simplement affirmer sans nuance qu’il n’existe pas de différence entre les deux : dans un cas c’est le patient lui-même qui s’enlève la vie (aide au suicide) alors que dans l’autre c’est le médecin qui la retire. Il faut d’abord préciser sur quel terrain (juridique, éthique ou religieux) on tire notre argumentation. Si l’on se situe sur le terrain de l’éthique, on peut raisonnablement soutenir qu’il n’existe pas de différence. Cependant, si l’on se situe sur le terrain juridique, il existe toute une différence entre l’euthanasie (qualifié de meurtre au premier degré dont la peine minimale est l’emprisonnement à perpétuité) et l’aide au suicide (qui ne constitue pas un meurtre, ni un homicide et dont la peine maximale est de 14 ans d’emprisonnement). Dans le cas de l’aide au suicide, la cause de la mort est le suicide du patient et l’aide au suicide constitue d’une certaine manière une forme de complicité. Mais comme la tentative de suicide a été décriminalisée au Canada en 1972 (et en 1810 en France), cette complicité ne fait aucun sens, car il ne peut exister qu’une complicité que s’il existe une infraction principale. Or le suicide (ou tentative de suicide) n’est plus une infraction depuis 1972. Donc il ne peut logiquement y avoir de complicité au suicide. Cette infraction de l’aide au suicide est donc un non-sens.

    En revanche, l’euthanasie volontaire est présentement considérée comme un meurtre au premier degré. Le médecin tue son patient (à sa demande) par compassion afin de soulager ses douleurs et souffrances. Il y a ici une transgression à l’un des principes éthiques et juridiques des plus fondamentaux à savoir l’interdiction de tuer ou de porter atteinte à la vie d’autrui. Nos sociétés démocratiques reposent sur le principe que nul ne peut retirer la vie à autrui. Le contrat social « a pour fin la conservation des contractants » et la protection de la vie a toujours fondé le tissu social. On a d’ailleurs aboli la peine de mort en 1976 (et en 1981 en France) ! Si l’euthanasie volontaire (à la demande du patient souffrant) peut, dans certaines circonstances, se justifier éthiquement, on ne peut, par raccourcit de l’esprit, conclure que l’euthanasie doit être légalisée ou décriminalisée. La légalisation ou la décriminalisation d’un acte exige la prise en compte des conséquences sociales que cette légalisation ou cette décriminalisation peut engendrer. Les indéniables risques d’abus (surtout pour les personnes faibles et vulnérables qui ne sont pas en mesure d’exprimer leur volonté) et les risques d’érosion de l’ethos social par la reconnaissance de cette pratique sont des facteurs qui doivent être pris en compte. Les risques de pente glissante de l’euthanasie volontaire (à la demande du patient apte) à l’euthanasie non volontaire (sans le consentement du patient inapte) ou involontaire (sans égard ou à l’encontre du consentement du patient apte) sont bien réels comme le confirme la Commission de réforme du droit au Canada qui affirme :

    « Il existe, tout d’abord, un danger réel que la procédure mise au
    point pour permettre de tuer ceux qui se sentent un fardeau pour
    eux-mêmes, ne soit détournée progressivement de son but premier,
    et ne serve aussi éventuellement à éliminer ceux qui sont un
    fardeau pour les autres ou pour la société. C’est là l’argument dit du
    doigt dans l’engrenage qui, pour être connu, n’en est pas moins
    réel. Il existe aussi le danger que, dans bien des cas, le
    consentement à l’euthanasie ne soit pas vraiment un acte
    parfaitement libre et volontaire »

    Eric Folot



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