Ce doit être vrai puisque c’est David Abiker qui le dit…
J’étais hier soir au Club de la presse de Montpellier pour assister au débat « Les blogs, révolution ou révolution ? » où intervenaient David Abiker (Journaliste, écrivain, chroniqueur) et Michel Pelamourgue (Rédacteur en Chef Multimédia MidiLibre).
La soirée était animée par Didier Thomas-Radux, vous l’avez certainement entendu se targuer d’être le premier en France à avoir obtenu l’autorisation d’occuper les domaines publics avec son « gratuit » Montpellier Plus…
Il est évident que ça n’affecte absolument pas sa ligne éditoriale « non non monsieur, dans la région ça ne s’est jamais vu » .
Le cas Pelamourgue :
Vous connaissez peut être déjà la sympathie que je porte à Michel Pelamourgue, cet homme qui j’en suis sur rêve la nuit de recevoir le prix de « Monsieur Oueb Languedoc Roussillon toutes catégories confondues ».
Je parle bien du mec qui a autant de culture Internet que ma grand-mère, qui a fondé MidiBlogs il y a deux ans et qui ne rate jamais une occasion pour s’envoyer des fleurs à ce sujet : « Grace à MidiBlogs, deux blogueurs ont trouvé du boulot ». WOW !

Demandez à n’importe quel blogueur ou spécialiste TIC du coin, il vous avouera sans détour que MidiBlogs est une blague géante, un échec cuisant, un Erika de la toile locale.
Je ne vais pas m’étendre sur son intervention, elle n’était absolument pas digne d’intérêt.
Le cas Abiker :
Venons en à Abiker, un journaliste que j’aime bien. Il est brillant, a une bonne connaissance de l’Internet bien que je ne trouve pas toujours très pertinent en matière de blogs.

Il pense que 99,9% des blogs ne présentent aucun intérêt, je le rejoins sur ce point ; les classe en trois catégories (Moi – Toi – Nous) et je le rejoins encore une fois bien que cette analyse soit un brin réductrice et connaisse bien des limites.
Là où je suis nettement moins d’accord c’est lorsque ressurgit le plus vieux débat de la blogosphère, l’eternel combat opposant les blogueurs et les journalistes. Combat qui d’ailleurs oppose plus les journalistes aux blogueurs que le contraire.
Il est évident que les blogueurs ne sont et ne seront jamais des journalistes, pas parce que certains ne vérifient pas leurs sources mais bel et bien car le niveau d’expression et la qualité des médias n’égaleront jamais ceux des journalistes. D’ailleurs les journalistes utilisent les blogs pour prendre le pouls de la cité, comme des sources d’information, c’est bien la preuve qu’ils ont une utilité.
Mais alors comment expliquer l’audience incroyable de certains blogs, une audience plus importante que celles de certains journaux ?
Il y aune perte de confiance flagrante en les médias traditionnels, trop institutionnalisés, trop contrôlés par les annonceurs. La masse en a assez de se sentir instrumentalisé et se tourne vers des « médias amateurs » au ton plus libre et supprimant la distance qui la sépare des élites (politiques, énarques, grands patrons, journalistes, …).
Les gens se moquent aujourd’hui du « bel et bien écrit » et lui préfèrent de loin le « proche et authentique ».
Un blog de journaliste est un blog sans intérêt !
Un journaliste qui tient un blog en y appliquant les règles de la presse rencontrera le public qui le suit dans la presse traditionnelle mais ne touchera jamais les lecteurs de blogs. Un blog de journaliste n’est ni plus ni moins qu’une tribune en ligne, un copier-coller de l’édition de son journal.
Je comprends que les journalistes défendent leur bifteck, leur art et leur culture mais ils ne seront jamais calife à la place du calife. L’audience d’un blog dépend uniquement de son contenu à la différence des médias traditionnels. Le blogueurs n’ont pas de plan média, pas d’annonceurs pour leur dicter des lois (bien que ça puisse arriver dans un futur proche) et surtout rencontrent le succès qu’ils méritent.
Il serait temps que les journalistes s’occupent des problèmes de leur secteur qui en a bien besoin : de nouvelles attentes restent à satisfaire et de nouveaux modèles à exploiter.
